Espace de discussion dédié aux femmes qui aiment les femmes dans la montagne, dans la campagne! Mais aux autres aussi !

Lesbiennes des montagnes…

bon, bon, bon…

C’est par où qu’on commence???

En imaginant ce blog nous avions pensé qu’il pouvait être un lieu d’expression et d’échange pour toutes celles qui vivent dans nos belles montagnes des Pyrénées, dans nos petits villages perchés, et parfois dans l’isolement qu’induit cette vie rurale, loin de toute ouverture à d’autres culturelles, d’autres courants de pensée, d’autres schémas de vie.

Je vis dans un de ces villages pyrénéens, où deux cents âmes cohabitent toute l’année, où tout le monde connait tout le monde, je dirais même,où tout le monde sait tout de tout le monde…

Et pourtant je m’étonne toujours, lorsque d’un air inquiet, mon vieux voisin me dit qu’il va falloir que je pense à “me trouver un homme”, à me marier, qu’il serait temps vu mon âge !

Vingt ans qu’il me connait, qu’il me voit vivre, qu’il a connu mes deux amies, celles avec qui j’ai partagé un bout de vie. Vingt ans qu’il mange à ma table, qu’il voit passer chez moi des femmes en couple, des femmes qui s’aiment…  Et bien non! N’a t-il pas les yeux pour voir, les oreilles pour entendre? Son esprit ne peut il pas imaginer que je puisse être lesbienne? Inimaginable, inconcevable… que l’une des leurs (comme ils disent)  puissent être lesbienne n’atteint pas son esprit, n’entre pas dans sa culture, cela ne peut faire partie du paysage montagnard.

Comment au XXIeme siècle, alors que nous avons accès à  tous les canaux d’informations, que la télé déverse des images de couples lesbiens dans tous les feuilletons à la mode, que les images entrent jusque derrière nos épais murs de pierres… comment pouvoir nier à ce point la différence de l’autre?

Bon voilà, l’histoire de mon voisin, j’imagine que nos villages sont pleins de ces voisins aveugles…

Vivement le mariage homosexuel, que je l’invite !!!

Commentaires sur: "Lesbiennes des montagnes…" (4)

  1. Et moi qui pensais que dans les villages tout le monde savait qui est qui ou qui fait quoi ?
    T’es sure qu’il ne veut pas se marier avec toi ce voisin?

    Plus sérieusement, sa vision ou son aveuglement est révélatrice d’une conception hétérocentrée, profondemment ancrée chez les gens de cette génération.
    Et les plus jeun’s (oui il y en a en montagne !!!) comment ils pensent ???

  2. fillophile a dit:

    Vous êtes marrantes les Hadas, que voulez-vous en fait ? Etre visibles ou invisibles ? Les hadas sont censées « vivre cachées, à l’écart de la société mais proche des gens ». Comment alors entrer dans les statistiques ; dans la conception du monde du voisin ? N’avons-nous pas le choix de dire qui l’on aime et avec qui l’on vit ? Alors Hadas1, pourquoi n’as-tu jamais expliqué à ton voisin ce qu’il semble avoir du mal à concevoir ? Penses-tu qu’il soit vraiment dupe ? A-t-il déjà posé la même question à ta compagne ? Existe-t-il un plus grand danger au milieu de 200 âmes à dire que l’on s’aime quand on est deux femmes ? Le danger est-il réel ou imaginaire ? La reconnaissance sociale du mariage homosexuel rassurerait-t-elle les femmes ou la société ? Le statut de femme mariée est-il si enviable ?…
    Je crois que c’est à nous de poser les choses, qu’elles soient simples ou compliquées, de les dire comme on le veut au risque de ne pas être visibles, de perdre quelque chose de notre identité. Je suis d’accord, ce n’est pas forcément facile et plus cohérent quand on est 2 à partager cette démarche… J’aime bien comment Nathacha Chetcuti parle de « l’autonomination » comme d’un processus qui ne désigne ni un état, ni une condition mais bien une définition de soi, constamment rejouée ou renégociée, par rapport à la norme hétérosociale. Alors Hadas1, ici tu te dis lesbienne. Mais aux voisins, au village, pourquoi tu/vous ne vous dites pas lesbiennes ?

  3. Chère Fillophile, toi qui connais cet ici dont je parle, tu as peut être entendu parler de “l’homo de service” et par d’autre ” la gouine”? Il est bien possible que ce soit moi!
    Pour ma part je le dis, autant de fois que c’est nécessaire, autant de fois qu’il m’est indispensable d’être moi même. Et comme tu le précises, c’est une démarche beaucoup moins simple quand on est deux, ta parole engage l’autre, et tu ne peux mettre l’autre dans une situation qu’il/elle estime être dangereuse pour lui même.
    J’ai bien expliqué a mon cher voisin, que le mariage sera d’actualité lorsque le mariage homo sera autorisé…
    C’est bien ce qui m’interpelle!!! Il sait, pour lui avoir clairement dit, il sait, mais il refuse, il occulte!
    Je vais peut être adopter le même comportement que lui, nier une partie de ce qu’il est, il va peut être réagir?

    Quant à la question du danger, n’est t-il pas réel ou imaginaire dans tous les actes de notre vie? Le danger n’est pas plus grand ici qu’ailleurs, c’est sur. La différence essentielle, c’est qu’en ville tu as le choix de la communauté dans laquelle tu peux ou tu veux évoluer, vivre, respirer.
    Au milieu de 200 âmes, et si tu veux vivre en phase avec ceux qui la composent, tu avances avec une plus grande prudence, enfin je crois?!
    Mais comment vous le vivez vous dans vos campagnes respectives? Comment vous arrangez vous avec le visible et l’invisible? Quel choix avez vous fait?
    Et ne croyez vous pas que pour lutter contre cette société égo centrée nous portons la responsabilité de nous rendre visible?

  4. Y a quelqu’un ?

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